QUI SUIS-JE ?

Quel lien peut-il y avoir entre la littérature, la photo, le théâtre et… l’entreprise ?

Ces univers ne sont pas si éloignés les un des autres : ils portent tous l’empreinte de l’homme, son dynamisme, ses ambitions, son envie de partager des émotions… mais aussi son souci de bien communiquer !

Le fil d’Ariane est je crois la littérature qui ouvre les portes sur l’imaginaire et sur d’autres mondes possibles, d’autres formes d’existence, d’autres destinées.

La photographie que j’ai pratiquée lorsque j’étais jeune, en saisonnier, et plus tard, en agence de presse, m’a d’emblée exposé face au public, situation à laquelle je n’étais pas habitué : présenter aux critiques un travail dans lequel on a investi une partie de soi-même, de son histoire, c’est s’exposer aux jugements, apprendre à tirer un bénéfice de ces jugements sans être déstabilisé : ils ne sont pas toujours ceux que l’on attend !

Cette notion d’exposition, de mise à nu, m’a subjugué lorsque j’ai découvert le théâtre.

Partagé entre l’angoisse de la représentation en public et la jouissance d’une émotion, je fis après expérience, le choix de l’émotion à tout prix. Je constatais que tout était là, dans le présent à vivre intensément.

Il restait à provoquer cet instant, cet instant de magie, d’efficacité, d’humanité…

Quelques années plus tard, lors de circonstances inattendues, je me trouvais dans la position du « passeur » d’émotions, du « passeur » de messages, je compris que mon plaisir était d’assister à l’évolution de l’ « acteur » : au regard qui s’allume, au geste juste, au déplacement intelligent, au silence expressif, jusqu’à l’urgence de parler juste…

Tout est là me disais-je, sur scène et surtout dans la citée : en regardant évoluer mon contemporain dans son comportement si souvent artificiel, je constatais qu’il ignorait le meilleur de lui-même : le charisme qui fait son efficacité.

C’est à ce moment que le « training » du comédien appliqué à « notre contemporain » me parut évident.

Ce qui m’intéresse : le moment où « notre contemporain » va à sa propre rencontre, arrive à s’aimer et se retrouve, presque désemparé, comme étourdi, face à son potentiel humain et créatif, en dehors de tout autre considération.

C’est en même temps pour lui et pour moi un moment jubilatoire !

C’est pour ces instants de découverte, de surprise, que j’ai décidé de me consacrer à la formation de la « mise en scène de soi » et de créer Artop-formation.

Maurice SUISSA